Traditions populaires

Fête et feu de la Saint-Jean

L’histoire de la Fête et du Feu de la Saint Jean

La fête de la Saint-Jean, célébrée le 24 juin de chaque année, est à l'origine une fête païenne. Elle était organisée, bien avant l’arrivée du Christ, parmi les peuples slaves pour bénir les récoltes… Cette cérémonie a été décriée et après christianisée. Elle est aujourd'hui commémorée à quelques jours du solstice d'été pour accueillir, grâce aux feux de la Saint-Jean, l’arrivée et la lumière de l'été.

Aujourd’hui ces traditionnels feux et festivités, annonçant l’été et les moissons, ont quasiment disparus, après la seconde guerre mondiale, de la plus part de nos campagnes et de nos communes de France et où la réglementation « sécuritaire », en terme de risques et de responsabilités,  a fait un peu plus s’éteindre l’âme de cette expression populaire, festive et ancestrale…

Le Limousin n’échappe pas à ce constat où quelques partisans, seuls et contre tous, maintiennent cette belle tradition populaire et festive, regroupant villageois et paysans d’une même contrée. Un jour de fête mobilisant bon nombre de volontaires et débutant autour de la construction du bûcher de branches et de fagots de bois, qui une fois la nuit tombée seront allumés. Après l’embrasement dont les flammes montent dans le ciel, éclairent et réchauffent la nuit, tel un être vivant, le feu dans un dernier sursaut s’écroule et s’éteint, ainsi prendra fin une journée de partage, d’amitié et de vœux…où chacun regagnait son chez soi avec un tison et la tête pleine de souvenirs... En son temps, le curé de la paroisse enflammait le bûcher, lorsque l’église avait un droit sur ces fêtes pour christianiser ce cérémonial à travers la dévotion pour Saint-Jean le Baptiste… Dans notre Limousin, lors du dernier feu de la Saint-Jean à Banèche Peyrilhac (87) par exemple, c’est le bâtisseur du bûcher qui a eu le privilège de l’allumer. Dans d’autres lieux cela peut-être  un Edile ou une jeune fille du village, ou autres…

La fête païenne deviendra chrétienne

L’histoire voudrait que cette célébration soit une croyance païenne, en référence au dieu du soleil. Les peuples de l'Est de l’Europe la célébraient en portant des couronnes de fleurs, en jetant des herbes dans de grands feux, en chantant et en dansant autour de ces derniers… Dès la christianisation de ces pays, les divinités païennes ont été remplacées par des Saints et les rites interdits. La France chrétienne du Vème siècle promeut la célébration de Saint-Jean-Baptiste.

Jean-Baptiste, cousin de Jésus, annonçait l'arrivée du royaume de Dieu en baptisant les gens avec l'eau du fleuve Jourdain. Le remplacement de la fête d'Ivan Kupalo (dieu du soleil) par la Saint-Jean n'a rien d'un hasard, puisqu'Ivan en slave signifie Jean, et que Kupalo désigne la baignade. Depuis la célébration de la fête de la Saint-Jean a lieu le 24 juin, jour de sa naissance. Cette fête a été exportée bien plus tard dans les Amériques, puis elle deviendra en 1977 la fête nationale du Québec.

Des rituels répandus aux feux de la Saint-Jean

Certains rituels sont apparus au fil du temps autour de cette fête. Les cendres des feux de la Saint-Jean préservaient par exemple de la foudre et des orages. Pour les amoureux, sauter par-dessus le feu garantissait leur amour durant l'année. Dans certaines régions les rituels étaient différents. En Limousin, plus particulièrement en Creuse par exemple, il fallait tourner neuf fois autour du brasier pour espérer trouver un mari ou une femme. En Gironde, pour s'assurer de l'argent toute l'année, il fallait jeter une pièce dans le feu et la retrouver dans les cendres.

La tradition voulait que l'on rapporte et place un tison dans une armoire des parents, conservé jusqu'au prochain feu de Sain-Jean... Ce morceau de bois carbonnisé devait protéger la maison de la foudre, ses habitants des maladies... placé aux abords des champs il devait garantir aussi les récoltes... Les cendres, elles aussi étaient utilisées pour diverses et nombreuses vertus bénéfiques... Et il en était ainsi dans de nombreuses régions de France, avec pour chacune des croyances bien différentes…

La Fête et le feu de la Saint Jean

La fête de la Saint-Jean était différente suivant les contrées. En Limousin, terre de traditions ancestrales, la population est restée très attachée à cette fête séculaire, particulièrement à la campagne où le jour de la Saint-Jean, sont bâtis d’immenses bûchers de bois, d’une dizaine de mètres de haut, qui seront allumés à la tombée de la nuit et visible dans toute la contrée. Les danses traditionnelles et la musique ancestrale accompagnent très largement les festivités, où la population à l’unisson chante et danse autour du brasier... Le groupe limousin l'Eglantino do Lemouzi contribue pleinnement à la préservation et à la transmission de ces coutumes d'autrefois... C’était et c’est encore l’occasion, le point de passage obligé, pour les filles et garçons, des villages environnants, de se recouvrer, de se plaire, et peut-être de s’aimer...

Une belle tradition ancestrale et populaire à remettre à l’honneur dans nos campagnes, nos villes et beaux villages limousins et de France…

(Pour plus d'informations consulter sur le site page "actu" le film de la soirée de Banèche et dans galerie l'album photo n°24).

Sources : texte de Marie Odile Mergnac & site Icalendrier.fr

Travaux et rédaction texte de Jacques MAUGEIN

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